Bienvenue à tous, ici vous pourrez voir l'évolution de mon travail au cours des pièces, projets et recherches qui le composent. Bonne visite !
Bruits blancs est l'exposition qui s'est tenue à la Cité Mixte Ferdinand Fabre de Bédarieux et qui clôturait une résidence d'artiste de trois mois (de Janvier à avril 2011)
J'ai tenu à faire participer les élèves de manière indirecte à la constitution de certaines pièces de cette exposition.
Celle-ci rassemble trois œuvres intimement liées et pensées à partir de cet établissement scolaire dans lequel j'ai été accueilli pour une résidence d'artiste de trois mois.
Merci
À tous les élèves qui sont passés à l’atelier, aux professeurs qui m’ont reçus, aux agents qui m’ont accordés un peu de leur temps dans le cadre de la réalisation des enregistrements d’Électrons libres et fourmis travailleuses, ainsi qu’aux membres du personnel et de la direction qui m’ont permis de travailler dans de bonnes conditions.

La sonnerie du collège retentit à intervalles réguliers durant 6 secondes 52.
Elle est l’élément central de de la vie de l’établissement, son organisation, génère des déplacements et indique les changements de cours,
Elèves, professeurs et agents sont tous soumis à son découpage du temps.
J’ai décidé de la mettre en espace à l’échelle d’un mètre par seconde en m’appuyant sur la forme de son onde sonore telle qu'elle peut se présenter sur un logiciel de son.
Cette sculpture canalise elle aussi les déplacements des spectateurs en formant une sorte de couloir dont les parois sont les deux parties complémentaires du graphique de cette onde.
Tout comme la sonnerie peut rompre le temps et couper les activités, cette pièce fend l'espace.
Composée de tubes, la notion de flux y est omniprésente, tandis que la stridence du son se fait effet cinétique.
Parcours continu en caméra subjective invitant le spectateur à déambuler dans tous les lieux de passages de la cité mixte Ferdinand Fabre et à prendre part à la perception qu'en ont les élèves .
Le montage est une succession de plans séquences définis par la distance parcourue entre deux portes closes.
le rythme et la durée de cette vidéo sont définis par la lecture du texte présent en voix off et issu des réponses des élèves aux questions suivantes:
-En tant que lieu ou espace, que représente pour vous le collège?
-Concernant l’organisation et l’architecture du collège :
-Ce qui vous marque ou attire le plus votre attention :
-Ce que vous préférez :
-Ce que vous n’aimez pas :
-D’une manière générale, quelles impressions ou sentiments avez-vous lorsque vous vous trouvez dans l’établissement? (ambiance(s), notion du temps, ressentis....)
-Une chose qui n’éxiste pas dans le collège et que vous aimeriez que l'on y ajoute :
-A votre avis, que se passe-t-il dans l’établissement quand vous n’y êtes pas?
impression numérique sur vinyl contrecollé sur panneau d'aluminium, 42x59,4 cm, 2011
et
PVC expansé, hauts parleurs, lecteurs, 175x125x30cm , 2011
Graphique syncrétique qui rassemble sur un même format les tracés des parcours favoris des élèves dans l'enceinte de l'établissement.
J'interviens ici comme simple transcripteur des données fournies par les élèves.
Pour la mise en forme de cette pièce j'ai suivi des règles strictes.
Le choix de composition est celui d'une mise en forme directement inspirée de la mise en page des plans d'évacuation incendie présents dans l'établissement.
Concernant le traitement de ces divers types de déplacements, j'ai choisi les codes couleurs suivants:
-Rouge lorsque le parcours s'effectue en entrant dans l'établissement.
-Bleu lorsqu'il se termine en sortant de l'établissement.
-Gris quand le parcours s'effectue sur un même niveau sans entrer ni sortir de l'établissement
- vert lors de descente dans les étages sans sortir du collège
-Jaune pour une ascension dans les étages non débutée par l'entrée dans le collège.


La deuxième partie de cet ensemble est un volume qui reprend la forme générale du graphique précédemment énoncé, l'échelle est celle de l'établissement au 100 ème.
En son sein sont diffusés de manière simultanée et aléatoire des enregistrements de bruits présents dans différents services de l'établissement auxquels les élèves n'ont pas accès (cuisines, loge, administration et laverie) ainsi que des sons présents lors de l'absence des élèves, il s'agit là principalement de prises sonores concernant le ménage des salles de classes, des couloirs, du réfectoire et des sanitaires...
Toutes les paroles ont été gommées, seuls les bruits des appareils et des objets manipulés par les agents sont retransmis.
L'enjeu est de montrer un autre aspect audible de cette "grande machine" en faisant abstraction de l'ambiance sonore que l'on y entend communément et générée principalement par les cris, jeux, paroles et déplacements des élèves.
Si toute voix ou indice de présence humaine sont absents de cette réalisation, ce sont bien les gestes des personnes au travail qui donnent le tempo et les sonorités de cette pièce tandis que les préférences de déplacement de chaque élève ayant tracé son parcours en définissent la forme.
L’exposition Le cas échéant... est une exposition collaborative avec Milan Tutunovic et Reynald Garénaux qui s’est tenue du 16 au 26 septembre à la galerie Saint Ravy de Montpellier. De cette rencontre prenant comme points de départ l’architecture informelle, la constitution des bidonvilles (cf. «Le pire des mondes possibles» de Mike Davis) et le rapport à la terre, ses occupations et déplacements, sont nées des pièces personnelles ou réalisées à quatre mains qui dialoguaient entre-elles de manière à former un tout global. L’accrochage formé d’épaisseurs et de strates successives en perpétuelle évolution s’est composé des pièces suivantes : une performance de Milan Tutunovic qui déplaçait journalièrement un tas de 25 kg de terre avec une petite culière, une pièce sonore de Reynald Garénaux diffusée dans une cave entrouverte sous le plancher de la galerie, un texte réalisé en commun par Reynald et Milan traitant de ressentis et de textures, une maquette à laquelle j’ajoutais jour après jour des éléments, n’a cessée de croître durant la durée de l’exposition, un diptyque de Reynald réalisé au fusain sur des panneaux de bois lui faisait réponse et une vidéo commune entre Reynald (la partie sonore) et moi même (l’image) était projetée.
Cédric Jolivet, sans titre, carton recyclé, carton plume, bois, env 150x100x90cm, 2010.
Cette maquette tout d’abord semblable à celle d’un projet
architectural utopiste a été complétée quotidiennement au cours
d’un work in progress. Des éléments y étaient rajoutés afin qu’elle
croisse, se retrouve greffée d’éléments, boursouflures et excroissances
qui s’étalent, s’encastrent et s’imbriquent. Tous ces volumes
simples s’empilent et se complètent s’appuient les uns sur les
autres à la manière des cabanes et abris de fortune qui forment et
composent la trame informelle des quartiers péri urbains de certaines
mégapoles.
Milan Tutunovic, Performance, terre et petite cuillère, 2010
Reynald Garénaux, fusain, panneaux de contreplaqué, 2010
Cédric Jolivet, Reynald Garénaux, sans titre, vidéo, 5 minutes, 2010.
Il s’agit là d’un plan séquence composé de travellings
qui suivent le bras articulé d’une pelleteuse. Ce bras
sans corps se déplace de nuit derrière une zone boisée à la
seule lumière de ses projecteurs, on ne sait si il creuse déplace
ou détruit, les tonalités froides de l’éclairage et la mise
en mouvement insufflé aux branchages par le vent glacial
de l’hiver contribuent à faire émerger l’étrangeté de la scène.
Le travail sonore incorporé à cette vidéo a été réalisée par
Reynald Garénaux, il parfait l’immersion du spectateur dans
son univers par reprise détournements et transformations
des sons.

Jagna Ciuchta, David Coste, Cédric Jolivet, Julien Pastor,France Valliccioni, Clotilde Viannay et Maria Nordman
Parcours d'art contemporain en vallée du Lot
CAJARC / CALVIGNAC / LARNAGOL / CÉNEVIÈRES /SAINT-MARTIN-LABOUVAL / SAINT-CIRQ-LAPOPIE
5 juillet - 12 septembre 2010
ICI: la page du site de la Maison des arts Georges Pompidou

Le point de départ à la création de cette pièce sont des photographies satellitaires google earth du désert d'Arabie Saoudite.
Intéressé par la répercussion qu'ont les changements de zones géographiques de cultures intensives ou la cessation d’activité de puits d’extraction pétrolières sur ces infrastructures routières devenues obsolètes, j'ai décidé de prendre ces routes lentement effacées par le sable qui les recouvre, comme matière à l'élaboration de cette sculpture.
Ces voies bitumineuses devenues des objets absurdes, moulés à même le paysage, constitués de culs de sacs et de voies sans issues sont traités ici par analogie techniques dans la mise oeuvre. Entre le sujet originel et la sculpture, le lien s'opère entre la coulée de bitume dans un sol terrassé et le tirages unique par moulage à perte de chaque élément de road sets.
Les matériaux utilisés sont des granulats de caoutchouc issus du recyclage par broyage de pneumatiques usagés qui servent habituellement à réaliser des sols techniques pour les pistes d’athlétisme ou des surfaces d’amortissement autour des jeux pour enfants.
Lorsque l’on met côte à côte la provenance de ces granulats, l’absurdité de la situation de ces ex-voies de transport devient une métaphore de la course au profit d’hommes adultes dans un jeux grandeur nature qui reste finalement assez proche de la cour d’école.
Sorties de leur moule ces "routes", sont ensuite amassées les unes contre les autres et donnent lieu à un enchevêtrement à la fois pluridirectionnel et ne menant nulle part comme pour rendre encore plus forte l'absurdité qui se dégage de cette situation.

Ce sont trois grâces avec lesquelles on peut accéder a une parcelle de bonheur et pour pas cher. Leurs standards le prouvent car bien qu’étrangers au paysage, ils promettent une vie de rêve avec son coin à soi, son chez soi. C’est aussi la parodie standardisée de ce rêve flottant sur plusieures générations successives tendant vers l’acte de propriété accessible. Une série B à l'américaine reconnaissable aux prénoms utilisés de manière récurrente pour identifier de quelconques personnages féminins.
concrètement, nous sommes en présence de trois volumes au quart des dimensions courantes d’architecture type de maisons témoin, souvent organisées en lotissements. C’est aussi à des fins de rentabilité, pouvoir en caser le plus possible dans un minimum d’espace et construire de manière sérielle. Dans cette installation, les formes de ces trois maisons sont signifiées par un squelette reprenant les arêtes structurelles de leur volume. L’endroit où elles sont présentées rappelle les modalités d’implantation générique de ce type de lotissements, (en bordure de route et sur des terrains peu chers voir inondables). Le tout est préfabriqué puis assemblé sur place. Les jeux visuels avec l’eau comme miroir diversifient les points de vue et transfigurent ces objets en opérant des glissements vers d’autres formes. Par la mobilité de chaque volume, ce « lotissement à la dérive » vient déstructurer de manière poétique les codes d’organisation classique tout en rappelant la précarité et l'indigence de ce genre de constructions fuies de toutes véritables qualités architecturales.
Grâce à Internet, se croire être de l’autre côté du monde nous est plus que jamais accessible. Mais cette ambition ne se résume finalement qu’en notre capacité à nous projeter par l’imaginaire dans ce qui est visible au travers de notre écran. D’une manière pragmatique, nous ne sommes finalement que derrière un écran d’ordinateur ou de téléphone portable. Je propose par ce dispositif vidéo de retrouver une similarité avec cette situation. Les spectateurs peuvent s’imaginer voir véritablement le ciel étoilé de la Nouvele Zélande au travers de ses eaux territoriales (qui se trouvent en dessous de Saint Cirq Lapopie ) ou simplement profiter d'une projection. Bien sûr la vue ne se veut pas hyperréaliste mais elle est librement interprétée, tout comme l’imagerie du web peut osciller entre fakes et rendus fidèles de la réalité.

Sphère géodésique inspiré de formes géométriques relevées dans la nature, elle se réfère aussi bien à l’auto construction ( où ce type d’assemblage y est fréquent) qu’à l’agriculture (par les matériaux qui la compose). Ces matériaux de clôture visibles dans les paysages ruraux sont ici retirés de leur contexte habituel, détournés et assemblés différemment ils font le lit à l’élaboration d’un objet non identifié réintégré dans le paysage.
Ces objets qui habituellement forment de « frontières électriques » entre terrains d’élevages et parcelles de cultures, zones « sauvages » ou d’habitation, donnent ainsi naissance à cette géode maintenue par la tension des fils qui la constituent.
Via son introduction dans ce paysage médiéval, cet objet qui fait signal sur le site castral telle une sonde atmosphérique, un observatoire spatial déchu ou une antenne radar nous rappelle également la vocation de surveillance de la construction médiévale.
Cette "excroissance" constituée de matériaux de synthèse potentiellement dangereux lorsqu’ils sont reliés à un électrificareur ouvre un dialogue avec la pièce Jard1, objet tout aussi étrange qui permet de faire vivre et voyager des végétaux dans des lieux improbables.
(photos de Bruno Grandsire)

C’est un jardin qui se replie sur lui-même en une sorte de flight case lui permettant d’être aisément transporté.
Des jeux s’opèrent entre la nature qu’il contient et sa constitution mécanique, artificielle et chimique qui questionne notre rapport à l’environnement.
Équipé d’un panneau solaire, il est autonome quant à la production d’énergie nécessaire pour assurer l’irrigation des végétaux qui s’y développent. Il est aussi possible de l’alimenter en le branchant sur secteur ou sur une prise allume cigare.
Si ce « mini paysage » permet d’être pris avec soi, et d’être installé quasiment partout pour apporter un havre de verdure, cette hétérotopie révèle aussi un écosystème partagé entre naturel et artificiel dans lequel les végétaux se retrouvent en rupture vis-à-vis de leur milieu naturel originel et de leurs habitudes d’alimentation.
En élargissant les possibilités et les champs d’investigation ouverts par Jard1, il pourrait devenir le point de départ d’une déclinaison de projets, alliant tout comme lui la nature et la technique.

Retour de biennale dans la cité phocéenne, il nous a été demandé de présenter de nouvelles pièces que celles déjà vues sur Montpellier et Skopje, pour ma part, la mienne sera visible à la galerie Montgrand. Infos sur www.bjcem.net et espaceculture_marseille